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Congé pour vente : modèle de lettre du bailleur 2026

Équipe EasyLocation

Vous vendez un logement loué et vous voulez le livrer libre : il faut donner congé pour vente au locataire. C'est le congé le plus encadré de la loi du 6 juillet 1989, parce qu'il vaut offre de vente : la lettre doit indiquer le prix, reproduire mot pour mot les alinéas sur le droit de préemption et arriver au moins six mois avant le terme du bail, sous peine de nullité. Voici le modèle à copier, les mentions qui le rendent valable, le calendrier à tenir et les erreurs qui le font tomber.

Avant d'écrire : 5 conditions à vérifier

1

Le congé vise le terme du bail, pas une date en cours de contrat

Trois ans pour une location vide consentie par un particulier, six ans par une SCI ou une société, un an en meublé — ou le terme d’une reconduction tacite. Un congé pour une autre date est sans effet.

2

Le locataire recevra la lettre au moins 6 mois avant ce terme

Trois mois en meublé. Le délai court à compter de la réception (ou de la signification par commissaire de justice), pas de l’envoi. Comptez une marge pour un recommandé retiré tardivement.

3

Vous n’avez pas acheté le logement occupé il y a moins de 3 ans

Loi ALUR : quand le terme du bail en cours tombe moins de trois ans après l’acquisition, le congé pour vente n’est possible qu’au terme du premier renouvellement ou de la première reconduction (article 15 I).

4

Le locataire n’est pas protégé (plus de 65 ans et ressources modestes)

À défaut, le congé n’est valable qu’avec une offre de relogement — sauf si vous avez vous-même plus de 65 ans ou des ressources inférieures aux plafonds (article 15 III).

5

Le prix et les conditions de vente sont fixés, et réalistes

Ils figurent dans la lettre à peine de nullité et engagent : vendre ensuite moins cher ou à de meilleures conditions rouvre le droit de préemption du locataire.

Locataire protégé : le congé est interdit sans relogement. Si le locataire a plus de 65 ans et des ressources inférieures aux plafonds du logement social (ou héberge une personne à charge dans cette situation), vous ne pouvez donner congé qu'en lui proposant un logement correspondant à ses besoins et à ses possibilités, à proximité — sauf si vous avez vous-même plus de 65 ans ou des ressources modestes (article 15 III). Les conditions s'apprécient à la date d'échéance du bail.

📅 Calculez la date limite d'envoi

Le préavis de six mois court à compter de la réception du congé, pas de son envoi. Notre calculateur de préavis gratuit donne la date à laquelle la lettre doit être reçue selon le terme de votre bail.

Les mentions exigées à peine de nullité

L'article 15 de la loi n°89-462 ne laisse aucune place à l'improvisation : un congé pour vente incomplet est nul, et le bail se poursuit. La lettre doit contenir :

1

Le motif : la vente du logement

Le congé doit être justifié par l’un des trois motifs légaux (vente, reprise pour habiter, motif légitime et sérieux). Sans motif exprimé, il est nul.

2

Le prix et les conditions de la vente projetée

Prix hors frais d’acte, modalités de paiement, éventuelles conditions particulières. C’est l’élément qui fait du congé une offre de vente.

3

La description du bien vendu

Adresse, désignation du lot, surface, annexes comprises dans la vente (cave, parking, jardin). Le locataire doit savoir précisément ce qu’il peut préempter.

4

La reproduction des cinq premiers alinéas de l’article 15 II

Mot pour mot, entre guillemets. C’est la mention la plus souvent oubliée et la première cause de nullité relevée par les tribunaux.

5

La notice d’information jointe

Obligations du bailleur, voies de recours et d’indemnisation du locataire (arrêté du 13 décembre 2017). Obligatoire pour les congés vente et reprise depuis la loi ALUR.

6

La date de prise d’effet, cohérente avec le terme du bail

Indiquez la date du terme et rappelez que le préavis de six mois court à compter de la réception. Une date erronée n’annule pas toujours le congé, mais nourrit le contentieux.

Le modèle de lettre de congé pour vente (à copier)

Les mentions entre crochets sont à remplacer. Le bloc « Droit de préemption » reproduit les cinq premiers alinéas du II de l'article 15 : ne le reformulez pas, leur reproduction littérale est une condition de validité.

[Prénom NOM du bailleur]
[Adresse]
[Code postal — Ville]

                                        [Prénom NOM du locataire]
                                        [Adresse du logement loué]
                                        [Code postal — Ville]

Lettre recommandée avec accusé de réception
(un envoi distinct pour chaque locataire, conjoint ou partenaire de PACS)

À [ville], le [date d'envoi]

Objet : congé pour vente — bail du [date de signature du bail] arrivant à
échéance le [date du terme]

Madame, Monsieur,

Vous occupez, en vertu du contrat de location signé le [date de signature],
le logement situé [adresse complète, étage, lot], composé de [description :
type, nombre de pièces, surface habitable, annexes — cave, parking, jardin].

Ce contrat arrive à son terme le [date du terme du bail]. Ayant décidé de
vendre ce logement, je vous notifie par la présente, conformément à
l'article 15 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, mon congé pour vente,
qui prendra effet le [date du terme], soit à l'issue d'un préavis de six
mois courant à compter de la réception de cette lettre.

Le présent congé vaut offre de vente à votre profit, aux prix et conditions
suivants :

  • Prix de vente ............................ [XXX XXX] € (hors frais d'acte)
  • Conditions ............................... [paiement comptant / conditions
                                                particulières, s'il y a lieu]
  • Bien vendu ............................... [le logement ci-dessus et ses
                                                annexes, libre d'occupation]

Droit de préemption (reproduction des cinq premiers alinéas du II de
l'article 15 de la loi du 6 juillet 1989) :

« Lorsqu'il est fondé sur la décision de vendre le logement, le congé doit,
à peine de nullité, indiquer le prix et les conditions de la vente projetée.
Le congé vaut offre de vente au profit du locataire : l'offre est valable
pendant les deux premiers mois du délai de préavis. Les dispositions de
l'article 46 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la
copropriété des immeubles bâtis ne sont pas applicables au congé fondé sur la
décision de vendre le logement.

À l'expiration du délai de préavis, le locataire qui n'a pas accepté l'offre
de vente est déchu de plein droit de tout titre d'occupation sur le local.

Le locataire qui accepte l'offre dispose, à compter de la date d'envoi de sa
réponse au bailleur, d'un délai de deux mois pour la réalisation de l'acte de
vente. Si, dans sa réponse, il notifie son intention de recourir à un prêt,
l'acceptation par le locataire de l'offre de vente est subordonnée à
l'obtention du prêt et le délai de réalisation de la vente est porté à quatre
mois. Un décret en Conseil d'État détermine les conditions dans lesquelles la
vente peut être réalisée avant l'expiration de ce délai. Si, à l'expiration de
ce délai, la vente n'a pas été réalisée, l'acceptation de l'offre de vente est
nulle de plein droit et le locataire est déchu de plein droit de tout titre
d'occupation.

Dans le cas où le propriétaire décide de vendre à des conditions ou à un prix
plus avantageux pour l'acquéreur, le notaire doit, lorsque le bailleur n'y a
pas préalablement procédé, notifier au locataire ces conditions et prix à
peine de nullité de la vente. Cette notification est effectuée à l'adresse
indiquée à cet effet par le locataire au bailleur ; si le locataire n'a pas
fait connaître cette adresse au bailleur, la notification est effectuée à
l'adresse du logement dont la location avait été consentie. Elle vaut offre
de vente au profit du locataire. Cette offre est valable pendant une durée
d'un mois à compter de sa réception. L'offre qui n'a pas été acceptée dans le
délai d'un mois est caduque.

Le locataire qui accepte l'offre ainsi notifiée dispose, à compter de la date
d'envoi de sa réponse au bailleur ou au notaire, d'un délai de deux mois pour
la réalisation de l'acte de vente. Si, dans sa réponse, il notifie son
intention de recourir à un prêt, l'acceptation par le locataire de l'offre de
vente est subordonnée à l'obtention du prêt et le délai de réalisation de la
vente est porté à quatre mois. Si, à l'expiration de ce délai, la vente n'a pas
été réalisée, l'acceptation de l'offre de vente est nulle de plein droit et le
locataire est déchu de plein droit de tout titre d'occupation. »

Vous trouverez ci-joint la notice d'information relative aux obligations du
bailleur et aux voies de recours et d'indemnisation du locataire (arrêté du
13 décembre 2017).

Je vous remercie de me faire connaître votre décision dans le délai légal de
deux mois et reste à votre disposition pour organiser, le moment venu, l'état
des lieux de sortie et la restitution du dépôt de garantie.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations
distinguées.

                                        [Signature]
                                        [Prénom NOM du bailleur]

Pièce jointe : notice d'information (arrêté du 13 décembre 2017)

Joignez la notice d'information relative aux obligations du bailleur et aux voies de recours du locataire (arrêté du 13 décembre 2017). Elle est obligatoire pour tout congé pour vente ou pour reprise ; son absence fragilise le congé. Elle se télécharge sur service-public.fr ou legifrance.gouv.fr.

Le droit de préemption du locataire, étape par étape

En location vide, le congé vaut offre de vente. Le locataire est prioritaire pour acheter au prix et aux conditions indiqués — et le calendrier est fixé par la loi :

Étape Délai Ce qui se passe
Réception du congé J − 6 mois au plus tard avant le terme Le préavis et l’offre de vente commencent à courir
Réponse du locataire Les 2 premiers mois du préavis Il accepte, refuse ou ne répond pas. Le silence vaut refus : il devra quitter les lieux au terme
Réalisation de la vente s’il accepte 2 mois après sa réponse (4 mois avec un prêt) Signature de l’acte chez le notaire. Passé le délai, l’acceptation est nulle et le locataire est déchu de tout titre d’occupation
Vente à un tiers à un prix ou à des conditions plus avantageux Nouvelle offre valable 1 mois Le notaire notifie le nouveau prix au locataire, à peine de nullité de la vente ; le locataire redevient prioritaire
Terme du bail Fin du préavis Le locataire qui n’a pas acheté est déchu de tout titre d’occupation : état des lieux de sortie, remise des clés, restitution du dépôt

Deux cas échappent au droit de préemption : la vente à un parent jusqu'au troisième degré (frère, sœur, neveu, nièce, oncle, tante…) qui s'engage à occuper le logement au moins deux ans après la fin du préavis, et la vente en bloc d'un immeuble entier de plus de cinq logements (régime propre de l'article 10-1). En location meublée, le congé pour vente existe (préavis de trois mois, article 25-8) mais n'ouvre aucun droit de préemption.

Forme, destinataires, point de départ du préavis

Recommandé avec AR

Départ du préavis : date de première présentation… si le pli est retiré

Le plus courant. Un pli non réclamé ne fait pas courir le préavis : surveillez l’accusé et basculez sur l’acte de commissaire de justice si nécessaire.

Acte de commissaire de justice

Départ du préavis : date de signification

Incontestable, y compris si le locataire est absent ou refuse le pli. Compte tenu de l’enjeu, souvent le bon choix pour un congé pour vente (environ 100 à 150 €).

Remise en main propre contre récépissé

Départ du préavis : date de la remise

Valable si le locataire signe un récépissé daté. À éviter dès que la relation est tendue.

Le congé doit être adressé à chaque locataire signataire et, si le locataire est marié ou pacsé, à son conjoint ou partenaire même s'il n'a pas signé le bail, dès lors que vous avez été informé de l'union (article 1751 du Code civil). Une lettre unique envoyée à « Monsieur et Madame » ne suffit pas : un recommandé par personne. Une lettre recommandée non retirée n'interrompt rien : le préavis ne court qu'à compter de la réception effective, d'où l'intérêt de l'acte de commissaire de justice quand le locataire ne coopère pas.

Les 6 erreurs qui annulent un congé pour vente

Oublier le prix, ou indiquer une fourchette

Le congé doit indiquer un prix ferme et les conditions de la vente projetée. « Prix à débattre » ou « au prix du marché » entraîne la nullité.

Résumer le droit de préemption au lieu de le reproduire

Les cinq premiers alinéas de l’article 15 II doivent figurer intégralement dans la lettre. Une paraphrase, même fidèle, ne suffit pas.

Envoyer la lettre trop tard, ou compter depuis l’envoi

Le locataire doit avoir reçu le congé six mois avant le terme. Un jour de retard reporte le congé au terme suivant — trois ans plus tard.

N’écrire qu’à un seul des locataires ou oublier le conjoint

Chaque colocataire signataire, et le conjoint ou partenaire de PACS dont vous connaissez l’existence, doit recevoir son propre congé. Sinon le congé est inopposable à ceux qui ne l’ont pas reçu.

Donner congé à un locataire protégé sans relogement

Plus de 65 ans et ressources inférieures aux plafonds : sans proposition de relogement, le congé est nul, sauf si le bailleur remplit lui-même l’une de ces conditions.

Vendre ensuite moins cher sans nouvelle offre

Le notaire doit notifier au locataire tout prix ou condition plus avantageux, à peine de nullité de la vente. Un congé « pour vente » sans vente réelle est frauduleux et sanctionné.

Un congé frauduleux — motif de vente inventé pour se débarrasser du locataire, prix gonflé puis vente au rabais sans nouvelle offre — expose à une amende administrative de 6 000 € pour un particulier et 30 000 € pour une personne morale, en plus des dommages et intérêts (article 15 I).

L'alternative : vendre occupé

Si le terme du bail est loin ou si le locataire est protégé, vendre le logement occupé évite tout congé : le bail est transmis à l'acquéreur aux mêmes conditions, sans préavis ni préemption. Le prix se négocie avec une décote qui dépend du loyer et de la durée restante — comparez avec le prix de vente médian au m² de votre ville pour situer votre offre. Prévenez l'acquéreur d'une contrainte : si le bail en cours arrive à échéance moins de trois ans après son achat, il ne pourra donner congé pour vendre qu'après le premier renouvellement.

Dans les deux cas, la fin de location se prépare de la même façon : état des lieux de sortie contradictoire, restitution du dépôt de garantie dans le mois si l'état est conforme, dernière quittance. Notre modèle d'état des lieux gratuit et le guide du dépôt de garantie couvrent ces deux étapes.

Questions fréquentes

Peut-on donner congé pour vente en cours de bail ? +

Non. Le congé pour vente ne peut prendre effet qu’au terme du bail — trois ans pour une location vide consentie par un particulier, six ans par une personne morale, un an en meublé — ou au terme d’une reconduction tacite. Il doit être reçu par le locataire au moins six mois avant cette date en location vide, trois mois en meublé. Un congé reçu trop tard est sans effet pour ce terme et ne vaut que pour le suivant.

Le locataire est-il obligé d’acheter ou de partir ? +

Il a trois options. Accepter l’offre dans les deux premiers mois du préavis, et il dispose alors de deux mois pour signer l’acte, quatre s’il recourt à un prêt. Refuser ou laisser passer le délai, et il doit quitter le logement au terme du préavis. Ou contester le congé devant le juge des contentieux de la protection s’il estime qu’une mention manque ou que le motif est frauduleux.

Que se passe-t-il si je vends finalement moins cher que le prix du congé ? +

Le locataire retrouve un droit de préemption. Le notaire doit lui notifier le nouveau prix et les nouvelles conditions, à peine de nullité de la vente ; cette notification vaut offre, valable un mois. C’est pourquoi le prix indiqué dans le congé doit être réaliste : un prix volontairement élevé pour décourager le locataire, suivi d’une vente au rabais, expose à la nullité et à une amende administrative pouvant atteindre 6 000 €.

Le congé pour vente s’applique-t-il en location meublée ? +

Oui, avec un préavis de trois mois avant le terme (article 25-8 de la loi du 6 juillet 1989), mais sans droit de préemption : ce dernier est réservé aux logements loués nus par l’article 15 II. La lettre doit toujours indiquer le motif et joindre la notice d’information, et le locataire protégé bénéficie de la même protection qu’en location vide.

Puis-je vendre le logement occupé, sans donner congé ? +

Oui, et c’est souvent plus simple : le bail se poursuit avec l’acquéreur aux mêmes conditions, sans préavis ni droit de préemption. La décote sur le prix est en général de 10 à 20 % selon la durée restante du bail et le loyer. Attention pour l’acquéreur : si le terme du bail en cours tombe moins de trois ans après son achat, il ne pourra donner congé pour vendre qu’après le premier renouvellement.

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Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Les plafonds de ressources des locataires protégés sont ceux du logement social (PLUS), révisés chaque année. Pour une situation particulière — indivision, colocation, locataire protégé — rapprochez-vous de l'ADIL de votre département ou d'un notaire.

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